Seul au monde

En règle générale les gens savent mieux que vous ce dont vous avez besoin. C’est d’autant plus vrai dans le domaine du sport, du bien être et de la santé où la lecture du dossier « Maigrir avant l’été » de Grazia transforme le juilletiste moyen en expert du Top Body Challenge. Tout le monde mange et quasiment tout le monde à des pieds, ça donne visiblement le droit de donner son avis à tord et à travers.

J’en suis à 22 mois de régime, 22 mois pas évidents avec des hauts et des bas, des périodes de relâchement (et de reprise de poids), d’autres plus euphoriques de fonte rapide…. et 22 mois de réflexions en tous genres. Ca va du conseil sermonné à la moquerie imbécile voir carrément à la comparaison idiote.

Il y a d’abord l’expert nutritionniste, celui qui n’a aucun problème de poids, ou pire, aucun problème avec son poids. Il a des idées bien arrêtées et des connaissances très vagues qu’il n’hésite pas à partager. Il nous sert du « pour maigrir faut manger moins gras parce que le gras il va se déposer directement » et vante les bienfaits du light. J’ai bien essayé d’introduire quelques notions de base de l’alimentation (de toute façon je ne suis pas capable de plus) mais devant l’incrédulité de mon interlocuteur (« comment ça le sucre se transforme en graisse ? N’importe quoi le gras ça vient du gras ! ») j’ai laissé tombé. Malheureusement depuis je dois subir de temps en temps ses conseils « avisés ».

Un autre modèle agaçant est la copine qui prend son modèle en exemple. J’ai beau expliquer que c’est une femme et que je suis un homme, qu’elle peine à prendre 2Kg et que je lutte pour en perdre 26, qu’elle ne mange pas grand chose et que j’adore manger… elle ne comprend pas que j’en suis à faire gaffe à l’équilibre de tout ce que je mange alors qu’elle ne fait attention à rien en me lançant un « et pourtant, tu vois le résultat !!! ». Il a fallu vraiment que je me retienne quand elle a pouffé à l’annonce de mon passage sous la limite du surpoids genre « mouais… c’est débile cette histoire de surpoids, ça veut rien dire ! Y’a pas de définition »*

Les coachs improvisés sont pas mal non plus. Alors qu’on se débat depuis de nombreux mois, qu’on a eu le temps d’analyser un peu sur ce qui marche chez nous, qu’on passe notre temps à essayer de comprendre un peu les mécanismes de base, qu’on a déjà fait des erreurs qu’on a su corriger, il y a toujours celui qui débarque en donnant non pas des conseils bienveillants mais des sentences en prédisant l’échec totale si on ne suit pas ses préceptes (préceptes issu des croyances populaires bien entendu). Les mêmes nous gratifient souvent de leur connaissance en matière de running. Inutile là encore de leur faire remarquer qu’ils ont une surcharge pondérale déjà bien installé ou que la dernière fois qu’ils ont couru ils se sont flingué le fascia plantaire avec leur pompe qu’ils ont faire dormir 10 ans dans le placard, ils se vexeraient.

Au final faut vraiment avoir le moral et une volonté farouche. Le risque c’est soit de baisser les bras emporté par leur négativité, soit de tirer un train sur un paquet de monde. Les gens positifs qui nous soutiennent ne sont vraiment pas nombreux et pourtant ça coute quoi de lâcher un petit mot gentil ? Un « bravo », un « c’est bien » ou un « courage, continue » plutôt qu’un « c’est la dictature de l’apparence », un « allez, lâche toi, fais toi plaisir » ou un « faut pas trop perdre non plus ! » c’est si difficile ? Au pire, pourquoi faire une réflexion ? Pourquoi tout simplement ne pas fermer sa grande mouille ?

Au bout du compte, hormis quelques trop rares soutiens, on se rend compte qu’on est toujours tout seul au monde.

*bien entendu qu’il existe une définition du surpoids, il y a deux indices importants qui permettent de se faire une idée assez précise : l’IMC et l’IMG

(Article très inspiré par celui de Claire du blog Good Energy Is Contagious)

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6 réflexions au sujet de « Seul au monde »

    1. A leur décharge c’est vrai aussi que ce n’était pas forcément visible et quand ça vient sur le tapis les gens ont du mal à croire que j’ai perdu 22Kg… et encore plus que j’en ai encore une petite dizaine à perdre.
      S’il y a bien quelque chose à comprendre dans tout ça (et ça vaut pour tout finalement) c’est qu’il ne faut jamais rien attendre des autres et ne faire les choses que pour soi.

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    1. De rien pour la référence, lire ton article m’a un peu soulagé parce que ça permet de voir qu’on n’est pas seul à subir le même genre de réflexions et de petites phrases bien démotivantes.
      La difficulté c’est une fois sorti d’internet et retourner au quotidien… Mais bon, on lâche rien !!!

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